Dans le fracas de la folie existent
Des moments suspendus
Où de petits êtres s'endorment
Enroulés
Dans le fracas de la folie existent
Des moments suspendus
Où de petits êtres s'endorment
Enroulés
Les traces dans les veines du siècle
Rougeoyantes, simplifiées
Des poings cognent les troncs
D'autres hommes
Là
Des graines pleuvent sur des jardins grisonnants
Des kilomètres de femmes font la queue
Leurs cheveux sont fichus, fragmentés, en nattes élastiques.
En vain.
Il faut vouloir espérer, sinon souffrir.
Elle dit "tu t'es trompée de chemin"
J'ai fait demi tour
Pourquoi faire ?
Pour aller où ?
Déjà trop loin sans doute, je ne l'ai pas revue
Même de loin
Chercher le chemin, la direction
Relier des étapes
La bonne distance, le sentier, l'itinéraire
La compagnie, l'éclaircissement
La clairière, ou
Ses pas dans la neige.
Dans le grand silence du monde
L'homme tangue de son pas lourd
Des arbres il a fait des portes
Du marbre il a fait des tombes
Dans la grande musique du monde
La femme danse et crie
Des pierres elle a fait des bracelets
Des lianes elle a tissé des manteaux
Le monde
Divisé et multiplié
Par deux
Et je t'ai cherché parmi tous
Certains imploraient
D'autres détournaient les yeux
Comment ai-je su qu'ils n'étaient pas toi ?
Je savais juste que je te connaitrais
Que ta seule réponse serait un sourire
C'est ce rien là qui me guidait
C'est avec toi qu'il y aurait
Les rires qui valent la peine
Les instants dans le secret des miroirs
La trahison mesurée à la hauteur du pardon
L'espace devenu réalité
Les échos remuants
L'équilibre des dons
Le souffle géant
Du partage
des poussières
Mais de quoi parle-t-on ?
De qui se moque-t-on ?
Je suis sûre que les hommes et les femmes qui sont à cet instant précis sous le feu des bombes humaines le savent très bien.
C'est de la vie dont on se moque.
"La solitude élégante du loup" ....j'ai lu ça dans un commentaire pour vendre ...un tableau fait par IA.
Ce serait drôle si ce n'était pas si triste.
Le loup solitaire est un loup qui a perdu sa troupe, ou qui en a été chassé, ou qui, juvénile, n'en a pas encore fondé une.
Il n'y a aucune élégance là-dedans, si ce n'est que le loup ne se plaint pas, ne geint pas, ou du moins, nous n'entendons pas sa plainte.
Tout comme nous n'entendons pas celle des lions empoisonnés, celle des ours dont la banquise fond, celle des oiseaux électrocutés sur les éoliennes, des poissons rouges que nous laissons partir avec nos chasses d'eau, et pourquoi pas, celle des insectes que nous tuons sur nos pare-brise depuis des décennies, et il y aurait une liste si longue à faire, qu'elle ferait le tour de la Terre.
Le loup solitaire n'a plus rien d'autre que son élégance, et sa rage de vivre.
Au moins reste-t-il décent.
Pas comme nous.
Je regarde ton tableau et
je touche à travers le silence cette fleur couchée
j'entre dans ce lieu privilégié où tu l'as allongée à jamais
vivante et gracile, fragile comme ta main
tes gestes un à un rassemblés là
tes touches mystérieusement disposées
dans un bouquet fantôme
placé dans un vide absolu
Souriant