dimanche 16 février 2020

Ricochets






Tout n'est pas comme l'été
Parfois on ne se rend pas compte que ça se termine
Nous avons habilement réussi à trouver un équilibre
Comme assis ensemble sur un banc posé sur un sol argileux

Nos rencontres sont une suite de cailloux jetés en ricochets
Je me souviens encore du bruit de chacun tombant dans l'eau
Un petit anneau d'écume s'est formé autour d'eux
J'en porte la marque secrète à certains de mes doigts









Les tendres plaintes












Je lis le livre de Yôko Ogawa où sont rassemblées tant de beautés:

"Une libellule venue de nulle part
volait au ras de l'eau à la hauteur limite qui lui permettait de ne pas mouiller ses ailes. 
Un couple de papillons jaunes la suivait de près.
Un jaune concentré au point de donner le vertige." ( Ed BABEL p 147)


" La moindre chose a une forme absolue qui soutient son existence. Une forme existentielle accordée par le ciel. Le seul moyen pour moi est d'en suivre le contour avec sincérité" ( Ed BABEL p 148)







Merci à Lydie de m'avoir fait découvrir ses livres.













samedi 15 février 2020

Marcher de nuit



marcher de nuit
dans l'herbe givrée
entre l'eau et la glace
attentifs aux bruits étouffés des oiseaux
se retournant dans leurs abris
observer dans les flaques
à la faveur d'un éclat de lune
les minuscules remous des nématodes 
en suspension dans l'eau
l'air frais imprégné d'obscurité encore 
et d'humides tentatives
se fier à notre sens de l'orientation
c'est là oui je crois j'en suis sûr
viens suis moi mais ne fais pas de bruit
debout devant nous dans l'ombre 
un grand cerf respire dans un nuage carboné
aussitôt jambes repliées bras entourant les genoux
disparaissant au profit de sa vie grandiose
et mystérieuse
nous là
alors un baiser 
inattendu et explicite
d'une évidence silencieuse et nue
nous enracine dans l'aurore
orangée