samedi 12 septembre 2020

Zéphir



*


Nos corps sont bien maladroits à dire 

Ce que le silence nettoie

Et du désir il ne reste rien
Qu'un petit vent, un zéphir

Même pas une ombre

Alors...aucune lumière ?




*








vendredi 11 septembre 2020

Épaves




Étranges étrangers que nous sommes les uns aux autres

L'un à l'autre étranger si connu 

Qui contenons-nous ?

Des petites filles aux pieds nus 

Des garçons aux lunettes si épaisses

Des souvenirs luttant contre le vent

Les marées successives

Épaves que nous avons dû abandonner

Retournées





lundi 31 août 2020

Étoile




*


 - Oui, mais mon âme ?

- Ne bouge plus, je la vois

Elle s'étoile


*








Tendres boyaux








je veux que tu me donnes le temps de ton horloge intérieure
m'accorder sur ton tempo, m'accomplir dans ta durée
résonner dans tes vibrations charnelles
y accorder mes cordes sensibles
tendres boyaux









A poil animale






Doux de te savoir là-dessous

Sous la pluie dans un lit

Allongé nu partout

Tes doigts dans mon corps

C'est fort je t'avoue 

A poil animale

Tu me rends mon loup

Féroce et mystérieux

Revenu de tout

Tu es lent

Je te veux

D'un coup






jeudi 20 août 2020

Nuque



*


                                                                        

Il fait très chaud

J'ai relevé mes cheveux

Ma nuque attend ses mains



*





C. Evers







dimanche 19 juillet 2020

Dans ton jardin


J'observe les eaux dormantes
l'autre vient parfois nous caresser d'un brouillard très doux
Après la sécheresse de la pierre, ça fait du bien.
Je veux comprendre ce qui m'empêche de saisir la vie.
A mon réveil je voudrais que tout soit blanc:
ce serait rudement beau.

J'aime la lenteur:
comme celle d'une caméra qui tourne sur elle-même.
Observer la fuite de la lumière
car elle fuit toujours -je le sais-
et dans ton jardin je regarde
de mieux en mieux.