mardi 13 novembre 2018

souffle au cœur







On n'a aucune envie de guérir d'un chagrin
 le chagrin est tout ce qu'il y a de fidèle

 Jean-Philippe Domecq
En hommage à Anne Dufourmantelle














jeudi 8 novembre 2018

A proprement parler



Il y n'a pas dans le concept d'invention d'obligation de résultat. On invente un truc. Ça fonctionne ou pas. Si ça ne fonctionne pas et qu'on n'est pas trop découragé, ou un peu inconscient, on recommence. Sinon, on se laisse tomber.












mardi 6 novembre 2018

un petit geste doux






d'un mouvement anodin
une grande douleur peut se réveiller
d'un petit geste doux
elle peut se rendormir





Wanjin Gim
















lundi 5 novembre 2018

Note aux lecteurs




Bonjour à vous qui avez la bonté de me lire.

Vous l'avez compris, c'est ici comme un atelier de mise en formes de mes pensées presque au jour le jour...Du coup, souvent les textes sont assez bruts, et lorsque je les relis, ils subissent parfois certaines corrections, souvent de détail...supprimer une répétition par ci, aérer par là ...remanier l'enchaînement des lignes. Et je vous conseille d'attendre toujours quelques heures avant de les lire.

J'aime écrire en poussant les textes sur la droite, je n'aime pas trop imposer une ponctuation.
La ponctuation c'est votre souffle ou le mien, et je sais que quoi que je fasse, nous ne respirerions pas de la même façon. Et c'est bien.

Le silence sied à l'hiver, pourtant je regrette les échanges que nous avions autrefois d'un blog à l'autre.
Certains d'entre nous s'en sont allés vers d'autres sphères. D'autres sont venus s'amalgamer dans le silence de la lecture muette.

Chacun est bienvenu dans la présence invisible qui nous relie.

Je vous souhaite d'être heureux.


















samedi 3 novembre 2018

Poisson d'or





3 novembre 2018, journal

Assise les yeux au jardin je me saoule de musique et puis de silence, ce bon gros silence froid et lisse glisse en une douche sur l'agitation de l'esprit. Je regarde l'atelier vide qui est comme éteint, sans l'été, sans l'hiver. Je voudrais pouvoir marcher et écrire en même temps. Mais marcher est pour le moment difficile. Il faudra pourtant le rédiger ce livre pour lequel on me paye. Je vais donc me transformer en bocal pour ce poisson que je dois peindre. Ce sera un poisson sans eau, un poisson rouge, sans mémoire. Un poisson d'or.
Parfois l'or est glacé.











jeudi 1 novembre 2018

Rêve vertigineux







J'étais avec d'autres, peintres, ensemble regroupés comme lors de ces grandes célébrations du commerce de l'art dont le public semble friand. Nous levions la séance...chacun regagnait l'endroit où il devait aller dormir.
Je suis partie en vélo, avec une petite remorque attachée derrière.
La nuit était fraîche et agitée. Partout la rumeur des êtres humains en fond. J'ai voulu éviter le chahut de la foule. Je suis arrivée sur un promontoire. En bas, je distinguais la ville en train de s’éteindre dans la brume. Il n'y avait pas de parapet.
Pas de garde-corps, de balustrade, de protection ...rien.
En dessous, le vide, vertigineux.
Je reculai.
Trois fois je suis revenue à ce point.
Trois fois.
La deuxième fois accompagnée, puis la troisième fois seule.
la troisième fois j'ai été comme projetée tout au bord.
Ouf, moins une, me suis-je dit...la prochaine fois ...
Trois fois.
Pour finalement me réveiller.











Clore








on ne lui enlèvera rien
elle gardera son corps comme une forteresse
ses seins en sont les deux tours
son clitoris en est la clé
son vagin est un pont levis
vers la petite bouche qui t'aspire
tout au fond son utérus est la grotte secrète
où se fabriquait la vie
elle est vieille mais elle s’arc-boute encore et encore
comme pour éclore encore
elle cambre les reins
on ne lui enlèvera rien