L'orage est passé
Les dessins à la craie se sont effacés
Il faudra revenir, et recommencer
L'orage est passé
Les dessins à la craie se sont effacés
Il faudra revenir, et recommencer
Tout ce qui me coutait ne me coûte plus
Tout ce qui me rebutait ne me rebute plus
Cette marmite au fond brûlé je la laverai
Cette litière de chat je la changerai sans rechigner
Dans le temps imparti, point de trivialité
Tout est égal
Tous les évènements et les non évènements s'alignent sur une liste
Très longue, si longue qu'elle parait infinie, juste
Elle ne l'est pas
Les corvées, les devoirs, les contraintes de toutes sortes
S'alignent comme des obstacles à franchir, l'un après l'autre
Les planètes aussi parfois, s'alignent
Il faut avancer face au vent qui renvoie l'expiration vers l'intérieur
A l'intérieur ça souffle et ça s'essouffle
Fort
C'est le for intérieur dans les murailles duquel
Les boulets s'enfoncent et restent fichés
Cicatrisent
Et au final s'intègrent
C'est la croix sur laquelle le sang a séché
les veines du bois dans lesquelles le sang a coulé
La croix finit en clôture, en poteau, en pâture, en poussière
Comme celui qui l'a portée et qu'elle a porté
Martyrs à la chaîne eux aussi réduits en poussière
Retournés.
Tout cela c'était avant.
La plupart des gens ne voient que la partie émergée de l'iceberg
Mais toi non
Tu n'as pas eu peur de plonger dans les profondeurs
L'eau glacée ne te rebute pas
Et déperle sur toi
Au contraire
Tu aimes la profondeur
L'épaisseur de glace te rassure
Elle soutient tes pas
Tu es mon ours blanc
Dans le fracas de la folie existent
Des moments suspendus
Où de petits êtres s'endorment
Enroulés
Les traces dans les veines du siècle
Rougeoyantes, simplifiées
Des poings cognent les troncs
D'autres hommes
Là
Des graines pleuvent sur des jardins grisonnants
Des kilomètres de femmes font la queue
Leurs cheveux sont fichus, fragmentés, en nattes élastiques.
En vain.
Il faut vouloir espérer, sinon souffrir.
Elle dit "tu t'es trompée de chemin"
J'ai fait demi tour
Pourquoi faire ?
Pour aller où ?
Déjà trop loin sans doute, je ne l'ai pas revue
Même de loin
Chercher le chemin, la direction
Relier des étapes
La bonne distance, le sentier, l'itinéraire
La compagnie, l'éclaircissement
La clairière, ou
Ses pas dans la neige.
Dans le grand silence du monde
L'homme tangue de son pas lourd
Des arbres il a fait des portes
Du marbre il a fait des tombes
Dans la grande musique du monde
La femme danse et crie
Des pierres elle a fait des bracelets
Des lianes elle a tissé des manteaux
Le monde
Divisé et multiplié
Par deux