vendredi 22 décembre 2017
Redécouvrir Charles Juliet
Entre les cris du monde et des hommes, le silence est parfois assourdissant.
Ecouter l'intelligence parler est une musique bien vivifiante.
"je n'avais jamais écrit j'étais d'une immense ignorance j'ai multiplié les lectures ce qui ne faisait qu'aggraver ma confusion progressivement j'en suis sorti...
Le travail d'élucidation, de simplification ne se fait que dans la solitude...
Il suffit que j'attende, et après décantation ce que je ne pouvais aborder prend forme de soi-même
je ne force jamais..."
https://www.franceculture.fr/emissions/le-temps-des-ecrivains/peut-etre-ne-peut-vraiment-imaginer-que-ce-que-lon-a-vecu-deja-soi-charles-juliet
"j'aime me tenir au dedans
voilà pourquoi je suis resté en retrait au long des années
je n'avais aucun désir de me tailler un sentier à coups de serpe dans le fouillis du monde
je me contentais d'accueillir ce qui venait à moi ce que la vie m'offrait
la main se refusait à saisir à s'affirmer
elle ne savait que s'ouvrir et recevoir ce qui lui était accordé
ainsi ma vie durant j'ai été soumis à cette règle
ne rien demander
accepter ce qui m'était octroyé"
Note de Charles Juliet in Gratitude
Cézanne avait une conscience aiguë du temps qui passe, il voulait construire quelque chose d'immuable où l'eau ne bouge pas. Échapper à la condamnation, à nos limites.
douce et paisible est la nuit
je n'ai plus peur
ma lumière a de solides racines
in Moisson
Et enfin cette citation si précieuse de Novalis :
"poser le doigt sur un corps humain c'est toucher le ciel "
mardi 14 novembre 2017
Quel prix
il en faudra beaucoup
des mots, des actes surtout
il sera nécessaire d'en peser
le poids ou d'en estimer
la terrifiante légèreté
pour chaque vie perdue
gâchée
pour chaque existence
en moins
quel prix sommes nous prêts à payer
pour la vie
la nôtre
dans ces conditions là ?
quel prix ?
Combien valent les vies de nos enfants ?
samedi 11 novembre 2017
BAGDAD
BAGDAD, DÉSESPÉRÉMENT
par Salah Al Hamdani, poète irakien exilé en France depuis 1975
Partir sans se quitter soi-même
regarder simplement le bleu de la mer
et s’imprégner de la chair du ciel
Ne pas fuir sa nuit
sur un navire inerte
Partir n’est pas regarder devant
mais corriger l’usure du temps
ébarber les saisons
Partir ne signifie pas chasser le clair de lune
mais l’aube qui aboie au fond de l’homme
Car c’est ici
que l’averse dissimule l’ombre de Bagdad
comme au retour d’un long voyage
comme une saison obscure
cadencée par le deuil
Le lointain vient en petites vagues
et se fixe comme une aile sur mon matin
Alors je sors
je marche
et je m’élève
dans la lumière aveuglante
Puis je me balance
comme un hiver égaré dans sa brume
mercredi 25 octobre 2017
vendredi 20 octobre 2017
Quelque chose glisse
Quelque chose glisse doucement sur la pente d'un monde
Un lambeau s'accroche et reste un peu le temps de la désagrégation
Avance et laisse filer les mains contre la paroi
Glacée ou tiède des amours passées il n'y a plus
Que toi et moi dans le miroir déformant de nos mémoires
Corps liés défendant ce qui peut encore l'être
http://www.luclamy.net/blog/wp-content/uploads/2016/09/marche-a.gif
Trente sept
Ses seins n'ont jamais été aussi bas
Il a pris un peu de ventre
Pourtant ils font encore l'amour
Encore et encore
Cela fait trente sept ans
C'est un règne long de reine vieillissante.
Parfois elle plonge
Son regard en lui fouille
Elle plonge dans l'eau
Ou dans le désespoir des saisons
Dans celui des filles qui n'ont pas sa chance
En qui on introduit des choses en plastique
Ou pire
Pour jouir.
Pour jouir.
Elle
Elle n'a fait l'amour qu'avec des hommes tendres
Elle a eu cette joie
La joie
Trente sept ans d'amour
mardi 10 octobre 2017
flot
ce qui si simplement s'instaure
dans le silence de nos mains
lorsque nos yeux murmurent
tu me brûles et je t'agape
ce qui s'écroule et s'enroule
entre les nœuds des hamacs
dans ces bateaux qui tanguent
un tango qui n'est pas cap'
de mener la barque
ni de casser la baraque
ce qui si simplement s'instaure
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