mercredi 22 mars 2017

et flotter à l'envers...












"Que doit faire quelqu’un pour qui les êtres sont aussi pesants que les livres, aussi superflus et étrangers, parce qu’il ne peut trouver en eux ce dont il a besoin, parce que, ne pouvant faire un choix, il prend en eux à la fois l’important et le fortuit, ce qui est une charge pour lui ? Que doit-il faire, Lou ? Doit-il rester complètement solitaire et s’habituer à vivre avec les choses qui lui ressemblent davantage et ne lui imposent aucun fardeau ?"

Rainer Maria Rilke




vendredi 17 mars 2017

Entrelacs








Il y a des situations inextricables
Des ailes qu'on ne peut arracher
Des bras qu'on ne peut détacher
Il y a des mots qu'on ne peut pas dire
Même entre les lignes
Il y a des rêves qu'on ne peut réaliser
Des morts qui ne se réveillent pas
D'autres se réveillent 
Et jouent les gardes du corps
Du haut des balustrades
Retiennent ce qui penche dangereusement
Heureusement brisés ils étayent
Nos bancales constructions
Tuteurs fragiles
Et endimanchés














dimanche 5 mars 2017

hoquet






l'espèce humaine va droit à sa perte et entraîne dans sa chute des milliers d'autres espèces
ok 
on nous dit que la planète s'en remettra
ok
elle s'en fout donc la planète de voir le ventre des tortues luth déformées par les filets dérivants ?
elle s'en fout de voir ses orangs-outans par terre ?
ok
il faut croire qu'elle s'en fout
si elle laisse faire

à moins qu'elle soit impuissante
comme nous


















samedi 4 mars 2017

autre monde





*

et s'il y a un autre monde
le détruisons-nous avec autant d'application
que nous en mettons pour celui-ci ?

*

car qui nous dit
que notre âme
fera mieux là-bas
qu'ici ?

*

"notre" âme
qui
une fois détachée de nous
se mélangera à d'autres

*

pour le meilleur et pour le pire

*










Antonin








"J'ai besoin, à côté de moi, d'une femme simple et équilibrée, et dont l'âme inquiète et trouble ne fournirait pas sans cesse un aliment à mon désespoir. Ces derniers temps, je ne te voyais plus sans un sentiment de peur et de malaise. Je sais très bien que c'est ton amour qui te fabrique tes inquiétudes sur mon compte, mais c'est ton âme malade et anormale comme la mienne qui exaspère ces inquiétudes et te ruine le sang. Je ne veux plus vivre auprès de toi dans la crainte. J'ajouterai à cela que j'ai besoin d'une femme qui soit uniquement à moi et que je puisse trouver chez moi à toute heure. Je suis désespéré de solitude. Je ne peux plus rentrer le soir, dans une chambre, seul, et sans aucune des facilités de la vie à portée de ma main. Il me faut un intérieur, et il me le faut tout de suite, et une femme qui s'occupe sans cesse de moi qui suis incapable de m'occuper de rien, qui s'occupe de moi pour les plus petites choses. Une artiste comme toi a sa vie, et ne peut pas faire cela. Tout ce que je te dis est d'un égoïsme féroce, mais c'est ainsi. Il ne m'est même pas nécessaire que cette femme soit très jolie, je ne veux pas non plus qu'elle soit d'une intelligence excessive, ni surtout qu'elle réfléchisse trop. Il me suffit qu'elle soit attachée à moi. Je pense que tu sauras apprécier la grande franchise avec laquelle je te parle et que tu me donneras la preuve d'intelligence suivante : c'est de bien pénétrer que tout ce que je te dis n'a rien à voir avec la puissante tendresse, l'indéracinable sentiment d'amour que j'ai et que j'aurai inaliénablement pour toi, mais ce sentiment n'a rien à voir lui-même avec le courant ordinaire de la vie. Et elle est à vivre, la vie. Il y a trop de choses qui m'unissent à toi pour que je te demande de rompre, je te demande seulement de changer nos rapports, de nous faire chacun une vie différente, mais qui ne nous désunira pas. "



A Artaud


Van Gogh, le suicidé de la société de Antonin Artaud
Qu'est ce que dessiner ? Comment y arrive-t-on ? C'est l'action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible, qui semble se trouver entre ce que l'on sent et ce que l'on peut. Comment doit-on traverser ce mur, car il ne sert a rien d'y frapper fort, on doit miner ce mur et le traverser à la lime, lentement et avec patience à mon sens.

VAN GOGH Lettre à Théo
















mercredi 1 mars 2017

Bergère




*
au ciel il y a des moutons blancs
 et aussi des moutons noirs


*
lever les yeux au ciel
ou baisser les paupières
de toute façon
les flaques lui font miroir












mardi 28 février 2017

sa douce



*
il me dit que je suis sa douce
j'entends sadhu.....sssssssssssss
il me serre plus doucement
me laisse respirer un peu mieux
en s je sens son ventre tout contre

 sa douce
je veux bien être ça

la marée des draps de lin bleu froissés
réconfortantes vagues enveloppantes
paupières en papillons endormis

*

la petite fille est là
la petite fille qui ne comprenait pas les autres enfants
les autres qui étaient si vulgaires si bêtes
les autres qui imitaient les adultes
la petite fille elle regardait les oisillons tombés du nid
la vie encore tremblante
la petite fille qui tremblait avec les oiseaux





l'autre m'avait dit "ces jours là tu ne viendras pas"
et j'étais d'accord
l'imbécile

l'imbécillité si conformiste dans son inconsistante exigence
sa liberté conditionnelle
sa cruelle indépendance revendiquée
la rébellion infertile
l'impudence  




*
je veux bien être amour avec lui
avec lui je le peux


*


















encore