lundi 27 février 2017

Désert







j'ai cru ne jamais être allée dans le désert, mais en fait, si, j'y suis allée
j'ai vu l'océan de sable à perte de vue, dans sa plus pure perte
dune après dune montée puis descendue j'ai connu l'espoir fou
celui de l'eau ou celui même du mirage de l'eau
là où se mêleraient les souvenirs et l'attente
là où reviendrait le goût
j'ai cru ne jamais avoir connu l'absence de sécheresse du sable
pour ne plus en sentir que l'abrasive douceur
celle qui décape tout
celle qui découvre et soulève
jusqu'à la dernière pellicule de peau
celle qui nous fait
os
puis poussière
puis
rien
parfois le vent
élève la poussière
et danse avec elle
dans la lumière
je suis allée là
j'y retournerai
j'ai cru ne jamais y revenir
mais je le sais
à présent
là
j'y suis









"Les origines de ma poésie, qui est le seul sens de mes journées absurdes et très ordonnées, sont très profondes, mais elle s’en est coupée depuis un bout de temps ; les connaître me les a arrachées. Je suis entré dans un monde sauvage, sans plus aucune formule ; je suis, à l’intérieur de moi-même, dans une solitude atroce, inhumaine, et de plus en plus je m’enferme dans ce désert, d’où, en me tournant, je revois le monde rendu à son objectivité originelle et redoutable."
Pier Paolo Pasolini
http://www.deslettres.fr


samedi 18 février 2017

Werewolf

















Andalouise




Je n'arrive pas à l'écrire autrement
Fragrance d'albizias sur les places après la pluie
Les orangers enragés bien rangés
(leurs oranges on ne peut pas les manger)
Claquement des sabots traçant le sillage des calèches
Patios ordinaires où chacun tient un verre 
Sandales cherchant leur chemin entre les flaques de lumière
Andalouise ...dans mon cœur emmenée là bas













Et revenue au point de départ
J'ai compris
Je n'étais en vérité jamais partie
























mercredi 8 février 2017

sea song


















Avertissement







Nous ne le savons pas encore mais 
nous ne nous reverrons plus
Je ne croiserai plus son regard
Il ne cherchera plus mon profil à la dérobée
Nous ne l'avons pas décidé mais
nous plongeons dans ce grand tourbillon
dans cette tombe amoureuse
ce vagin abyssal
où plongent les tigres et les rhinocéros
ce grand trou noir d'où naissent les étoiles
cet infini tube à essai de la vie et de la mort
liées en un seul fil sur le même collier
Il ne le sait pas encore
Je ne le sais pas non plus 















Honte





Le reportage de Mireille Darc qui date de 2015 
est bien sûr et dramatiquement encore toujours 
d'actualité 







vendredi 3 février 2017

Erreur foetale







avec un fil de fer arraché du ventre
l'amour s'est coincé dans la bonde du lavabo
il avait le cœur trop gros