vendredi 22 juillet 2016

D'amour






je ne sais pas s'il y aura d'autres jours
je t'aime
je ne sais pas s'il y aura d'autres nuits
je t'aime
quand je ferme la porte je ne sais jamais si je te reverrai
je t'aime
ne serait-ce qu'une seule fois
je t'aime
et toucher ta peau me sera-t-il encore offert ?
je t'aime
tu as tellement à faire
je t'aime
j'ai tant à faire
je t'aime
et toute cette agitation est inévitable
je t'aime
elle est la vie qu'on vit
je t'aime
nous choisissons chaque jour chaque instant chaque seconde
je t'aime
décider de nos vies nous appartient
je t'aime
nos vies nous cimentent et nous bétonnent
je t'aime
nous qui sommes fleuve et rivière
je t'aime
faits pour nous renverser l'un dans l'autre
je t'aime
nous qui sommes arbre et ciel mélangés
je t'aime
avec ou sans toi
avec ou sans moi
il y aura d'autres jours d'autres nuits
d'amour










mercredi 13 juillet 2016

morceau de ciel







 marcher à l'envers
capturer un morceau de ciel
voler à l'endroit
ne plus mentir à l'étroit






















mardi 5 juillet 2016

Vies gruyère (slam)









Et tous ces baisers qu'on ne donne pas c'est des trous dans nos vies
Nos vies gruyère pleines de bulles d'air où on s’asphyxie
Plaire à quoi ça sert si c'est pas ce qui suffit ?
Faudrait l'essentiel et pas laisser les poubelles en bas du lit

Un camion benne et des usines sans chaînes pour déblayer tout
Recycler sans que ça traîne tous ces paquets de boues
Brûler les lois sorcières pour pouvoir tenir debout
Éclater la haine percuter les peines qui nous filent des coups

Ces défis je le crains faudra encore du temps pour les voir venir
Mes yeux seront creux et aussi les tiens comme ça doit finir
"La politique du pire c'est la pire des politiques"
Quand je vois les gens qui se battent y'a pas de quoi rire

On dit qu'on crée des liens mais on entrave les gens
On crie comme des chiens mais on ne fait que prendre des vents
Tu peux bien baiser l'armée, les flics, et tout ce que tu prétends
Ça sert à que dalle  qu'en prendre plein les dents

L'ordre? la justice ? rien ne tient devant le pouvoir
La révolution ? une autre façon de se faire avoir
Terroristes, salafistes, si t'as besoin d'y croire
A ce sale petit jeu où il ne s'agit que de jeu de miroir


T'as raison, t'as toujours raison de perdre la raison
Moi non plus je ne sais plus où est ma maison
Je regarde la terre et j'attends plus la moisson
C'est la jachère c'est la perte de repères c'est que du poison









mardi 28 juin 2016

La cueillette










ce soir c'était le moment de cueillir les abricots
de les saisir délicatement au creux de la main
d'en sentir la douceur et la rondeur de bourses chaudes et duveteuses
d'aller au cœur des branches pour  attraper ceux 
que l'arbre veut encore garder
ceux qu'il réserve aux oiseaux voraces
de lui permettre sa rançon d'égratignures 
en laisser tomber quelques uns pour le plaisir d'aller les déloger sous l'euphorbe
sortir victorieuse de la bataille contre le latex urticant 
par la douceur et la précision d'un geste respectueux et millénaire
lui dire simplement
je ne veux pas emporter ton cœur
je te désire juste
je te désire ouvert comme un fruit
et non pas amer et racorni
et c'est pour cela, 
c'est pour cela mon ami
que je t'aime et que je t'aimerai
dans ton écorce et dans ta sève
dans l'herbe et sous les feuilles
dans les draps et sur ta peau
dans la chaleur du soir
qui tombe sur nous et nous regarde vieillir














mercredi 22 juin 2016

jours parfaits








ces quelques jours ont été parfaits
je voudrais les revivre éternellement











Antonio Canova 
Amour et Psyché













mardi 21 juin 2016

En tas






de sorte que je trouverais alors ce que je cherche
c'est à dire que ces questions font un sacré tas à force
aussi haut que le linge quand on n'en peut plus de repasser
le tas qu'on a laissé tomber tu crois en dessous trouver la réponse

comme l'enfant qui n'en peut plus de ranger ses jouets tous les soirs
à quoi bon puisque demain je vais tout ressortir
logique accablante avec laquelle il faut jongler
peut-être pour passer l'aspirateur, tu vois ?

je l'aime bien moi cette poussière dans laquelle je dessine un bonhomme avec le doigt









samedi 18 juin 2016

nana







miroir et transparence brillante et froide
te tenir en laisse comme un dragon
tu es entré dans mon ventre accueillant
vacant donjon tellement irréel
citadelle du vertige 
brûler au soleil bruyant jardin
je t'aime et t'embrasse
je ne t'aime pas et ne t'embrasse pas
n'embrasse pas je t'aime
et dépasse ce trépas me lasse
nana comme toutes les autres
ou pas