lundi 13 juin 2016

Lac rivière pont







Lac rivière pont
eau retenue puis relâchée
comme le sable trop longtemps immobile dans le sablier

cela a à voir avec le temps
avec les yeux ouverts
avec le doigt qui frôle la paupière

cela a à voir avec la langue
qui effleure la bouche les dents
l'autre langue qui touche

humidité petrichor salive

Lac rivière pont
lâche retenue d'eau
s'écoulant à travers le sable du temps
trop longtemps attendu

cela a à voir avec les bouches fermées
les cris retenus
avec les doigts qui ne frôlent plus les corps

cela a à voir avec les mots 
que je dirai désormais











dimanche 12 juin 2016

Délicatement





Il n'y eut plus de départ précipité 
prolongeant la lucidité du réveil nos têtes gisaient comme oubliées sur les oreillers

Quelques marées mémorables naquirent de l'océan de nos draps froissés
l'écume débordant de nos ventres chauds

Tu as posé à nouveau ta main sur ma vie
je t'ai laissé une fois encore la retirer 
délicatement













mardi 31 mai 2016

Même si






Même si tu mourais
La vie continuerait

Ecœurante et douce











Helen GOTLIB
















la lettre de Rosalie















"qui m'emmène sans m'emporter
qui me tient sans me prendre
et qui m'aime sans me vouloir"















dimanche 29 mai 2016

Demande









Je ne sais pas si c'est triste ou non
Les femmes courageuses sont si belles
J'ai mis tant de temps à refermer mes blessures
Je n'ai pas pu, de front, mener tous les combats
A présent, je te demande juste un regard

A présent : je demande juste l'infini









vendredi 27 mai 2016

vademecum












ça commence lorsqu'elles s'appellent par leurs prénoms

c'est une rivière dans le sable
c'est une respiration après l'apnée

et puis ça ne s'arrête plus jamais






http://www.arte.tv/guide/fr/027013-000-A/bagdad-cafe

jeudi 26 mai 2016

non retour







dans tes yeux s'ouvre une bouche immense
un lit s'y mouille d'amour odorant et chaud
des mains plongent en avant de nous
bien plus loin un paysage nouveau se déploie
océan infini où toutes les armes coulent
où le sable rejoint les anémones 
où la pluie ne fait plus rien pousser
je sais la profondeur où tu te noies
j'y suis allée moi aussi
et n'en suis jamais revenue